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L’humour est-il sérieux ? - REPORTÉ

Médiathèque Simone Veil - 3 mars 2021 - 20h15

A cette question, nous répondrons spontanément « non », car l’humour est au service de la détente avec pour but de faire rire ou sourire. Plaisanter, donner un tour comique à la conversation est une manière de transformer le réel qui n’est pas toujours drôle. De plus, rire de soi ou cultiver l’autodérision, c’est ne pas se prendre au sérieux.

Mais vu sous un autre angle, l’humour s’avère infiniment sérieux. Cinglant ou perfide, un bon mot, un trait d’humour peuvent détruire une carrière, déstabiliser un interlocuteur voire basculer dans le tragique quand on pense aux caricatures de Charlie Hebdo. Dans une conversation, l’utilisation de l’humour demande donc quelques précautions oratoires et « un esprit de finesse ».

Durant notre débat nous analyserons l’humour dans son intentionnalité (qu’est-ce qui motive le trait d’esprit ?), dans ses effets sur autrui (tout le monde n’a pas le sens de l’humour) et nous verrons enfin que la plaisanterie nécessite un décodage immédiat des détournements du langage habituel.

Reste à savoir si on peut philosopher avec humour. Il faut bien l’avouer, les philosophes cultivent trop souvent l’esprit de sérieux. Pourtant l’humour ou l’ironie (dans sa version socratique notamment) sont d’excellents outils philosophiques. La boutade incongrue, le paradoxe amusant ou l’espièglerie conceptuelle peuvent déclencher l’émergence d’une idée ou une prise de conscience. Voilà pourquoi, lors de notre débat, nous tenterons de philosopher très sérieusement avec légèreté et humour.

Raphaël Serrail